Parce que cinq ans après, je suis toujours la même enfant. Il m'est impossible de grandir sans toi, ton absence m'empêche d'évoluer. Ta présence, tes gestes, ton visage... je n'en ai plus aucun souvenir. Tout est partit en fumée le jour où tu t'en es allé. Je me souviendrais de toi comme quelqu'un de bien, je m'arrêterais à ce stade-ci, la suite est bien moins joyeuse. Notre destin, c'est à nous-même que nous le devons. Ce qui t'arrives n'est donc que de ta faute. Et tu le sais, n'est-ce pas ? C'est pourquoi tu fuis, comme une lâche, comme un monstre, tu préfères partir plutôt que d'assumer tes responsabilités. Je ne comprends toujours pas comment tu as pu, ce qui a bien pu se passer dans ta tête... Des questions sans réponse, malheureusement elles le resteront pour tout le temps puisque je ne te reverrai plus. C'est finit, va-t'en, loin, retourne les voir eux, eux qui t'aimes tant, eux pour qui tu es tel un ange auquel on aurait brûlé les ailes. Pour nous, tu serais un ange en enfer, c'est-à-dire le diable. Je suis désorientée, j'ai la forte impression de te suivre dans ta dépendance, de devenir comme toi : nocive. Je pourris ce qu'il y a autour de moi, comme tu l'as fait. Quand je me regarde, c'est toi que je vois ; si tu savais comme j'ai honte, de sortir de chez moi, peut importe où je vais. C'est comme si tu avais pris possession de moi, tu sais, de mon âme, de mon corps. Je t'en voudrais toujours, c'est bête mais je n'arrive toujours pas à avaler. Alors c'est tous ces mots que je te vomis à la face, tous ces ressentis, tous ces sentiments que je préfèrerais bannirent. Tout serais beaucoup plus simple, si tu n'avais pas été là. Ou plutôt si tu étais restée. Il est déjà trop tard pour revenir dessus aujourd'hui, le mal est fait comme on dit, et j'espère encore que les choses changent, et évolues. Serait-ce trop demander que de vouloir t'anéantir à jamais, serait-ce trop de vouloir que tu disparaisses enfin et pour toujours ? Je ne pense pas. Bien que ça ne risque pas d'être facile, pour toi comme pour moi, j'aimerais bien essayer vois-tu. Je préfère cela à souffrir toujours un peu plus, à étouffer sous leurs yeux de charognards, qui n'attendant que ça finalement, que je crève. Mais au fond c'est peut-être la seule solution. Partir pour de bon. Ne plus penser à toi. Remarques un peu combien de fois je peux penser à toi, tandis que tu préfères noyer ta souffrance pour tout oublier. Mais il y a des choses que l'on n'oublie pas. Jamais. Qu'elles soient bonnes ou bien mauvaises, on n'oublie pas des mots, des gestes, des visages... Ne me demander jamais alors de vous oublier, puis plus on le souhaite, moins on y arrive. Ne me demandez pas non plus de faire des efforts, comment voulez-vous lorsque je peine tant à m'aimer et à oublier les conséquences de ce que tu as fait. Tu influes mes écrits, à n'importe quelle heure je pourrais écrire des pages à ton sujet. Peut-être as-tu eu une crise de folie ? Peut-être n'étais-tu plus à même de prendre une vraie décision ? Ou peut-être que finalement ça serait arriver quand même, peut-être était-ce juste une question de temps ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Finalement je n'ai jamais su. J'aimerais te revoir, te retrouver pour toujours mais je ne saurais quoi te dire, c'est pourquoi je ne préfère même pas imaginer. Peut-être serions nous heureuses ensuite, peut-être pas... C'est drôle, je me rends compte que le temps a beau passé, j'ai l'impression que c'était hier que tu nous a laissés. On dirait que rien n'a changé. Je voudrais aussi savoir si tu te rends compte un peu, toi, des dégâts. C'est comme dans une bataille, il y a des vainqueurs, des perdants, et surtout beaucoup de blessés. Nous sommes des victimes de la guerre, et toi tu as perdu. Tu as tout perdu, tout ce que tu avais avec et en toi. Perdu toute morale, toute envie, toute force, et je ne suis plus que la parfaite copie de ton devenir. Un jour les choses changerons tu sais, un jour je persiste à penser que tout redeviendra comme avant, avec ou sans toi. Mais il faudra du temps, c'est comme pour tout, il en faut pour changer, et il faut en prendre avant de parler. Ce que tu n'as pas fait il me semble. Pourquoi se poser tant de questions, les contraintes sont bien trop nombreuses, alors autant partir, et tout laissé derrière soi, ravale tes larmes, tout se mérite, tu es lâche, tu le payes. Mais qu'attends-tu alors pour partir définitivement ? Je me demander bien ce qui t'accroches, que je le coupe. Si j'en ai le courage. Il n'y a rien de pire que de savoir que l'on court à sa propre perte, et de ne rien pouvoir faire.. Je ne me comprends pas, tout comme je ne t'ai pas compris, alors je cherche encore comment faire, comment éviter de faire les plus grosses erreurs de ma vie. Toujours des questions, toujours trop, auxquelles je n'ai toujours pas de réponses. Et dis-moi alors comment pourrais-je faire ? J'ai des choses à dire, encore beaucoup de choses à faire je présume, mais je n'y arrive pas. Il y a de quoi péter un câble non ? Regarde ça, tout ça pour toi, alors que tu ne mérite à peine que l'on te regarde. Cela doit être inévitable, et tu dois l'être aussi, puisque cela faire environ une heure ou deux que je m'acharne à trouver une raison à tout ça et à t'excuser. Deux heures bientôt que je tourne en rond, que tout se barre en couille dans mon crâne. Je cherche en vain à expliquer tout ça, à décortiquer mes pensées. Je perds mon temps, pour toi, à t'aimer malgré tout et à me raccrocher tant bien que mal, alors que ton nom me suffit pour devenir fou. C'est une montagne d'amour, de haine, de nostalgie, de désirs inavouables et inavoués. Je sens monter en moi la pression rien qu'au fait de savoir qu'il y aurait possibilité de te croiser un jour n'importe où et n'importe quand. Je souffre pour toi, à cause de toi. Je sais tout ça, mais ai-je un peu trop sous-estimé ton importance ? Ou est-ce le contraire ? Quelque chose me bloque, dans tout ce que je fais. Dans tout ce que j'entreprends, je me limite au minium. Et en fait, cette limite, c'est ma peur. C'est toi. Non je n'ai pas peur de toi, mais de devenir comme tu es : pitoyable. Bien que je pense fort l'être déjà.. J'ai peur de tout perdre, et en ayant peur de la peur, je ne vis plus. Je ne vis plus pour moi. Alors imaginez, ce que me ferais le fait de savoir qu'au final je ne compte pour personne. Alors que c'est uniquement pour vous tous les jours que je me lève le matin, que je viens en cours. Mais voilà, lorsque je suis seule chez moi, ou ici, tout refait surface en un temps record. Je me force à tout cacher devant vous, je m'oblige à sourire, mais voilà, il y a des jours où je n'y arrive plus. On m'a dit un jour, ici c'est marche ou crève, mais je n'ai plus la force d'avancer. Mais je t'en pris, part devant, je ne te rattraperai jamais. Du moins, je l'espère. Alors à quoi bon, oui, pourquoi remettre tout ça sur le tapis, pourquoi aujourd'hui, pourquoi maintenant... Ce midi, cet après-midi, ce matin, ce soir, hier, et probablement demain, je penserais encore à toi, à croire que je ne suis bonne qu'à cela. Tout ressasser une énième fois. Encore une fois... Et qui ne me dit pas qu'après demain encore, je recommencerais, à t'aimer puis à te détester, à me demander enfin quand tout va cesser, prendre fin, pour toujours. Et crois moi le jour où ça arrivera, n'espère même plus avoir de mes nouvelles ou quoi que ce soit d'autre ayant un quelconque rapport avec moi. J'aimerais t'aimer, comme l'on aime le soleil. Voilà ce que tu représentais, mon soleil, mon étoile. Mais aujourd'hui, te voilà réduite en poussière. Tu es faible et misérable. Et je continue de penser que c'est de famille. ...