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#Posté le jeudi 26 janvier 2012 06:41

Macabre destinée.

TO LOVE IS TO BE ALIVE.

Macabre destinée.

Il était cinq heures. Les premières lueurs rosées pointaient à l'aube. Paul se réveilla doucement, encore un peu soûl de la veille. Il ouvrit les yeux, et regarda sur sa droite. Sur sa table de nuit étaient posés deux verres à vin et une bouteille d'alcool entièrement vide. Paul ne se souvient étrangement de rien de sa soirée d'hier. Il essaye de se remémorer mais est pris d'un horrible mal de crâne. Il s'assit au bord du lit puis se leva d'une traite. Il se leva si vite que son crâne se mit à tournoyer au point de lui filer la nausée. Il descendit dans la cuisine se chercher un doliprane. Mais il s'arrêta subitement, son verra à la main, et lâcha dans un souffle un "merde...". Ce qu'il voyait lui donnait des frissons. Un corps nu était clouté sur le mur en face du canapé. Le corps était crucifié. Paul ne savait comment réagir face à une telle vision d'horreur. Il n'osait s'approcher. Qui était cette personne ? Il ne la reconnaissait pas. "Merde, merde, merde !" ne cessait-il de se répéter. Il posa son verre puis s'avança dans son salon. Les éclaboussures de sang qui tachaient les meubles et les murs semblaient assez fraîches ; cela avait probablement dû se passer pendant la nuit, et vu le taux d'alcool qu'il avait dans les veines, Paul avait dû dormir comme un bébé. Mais tout de même, cette femme avait du crier, ou se débattre. Et il n'avait rien entendu du tout. Il fit un pas encore afin d'être à proximité du cadavre tandis que son c½ur battait à tout rompre. L'odeur nauséabonde et métallisée du sang lui fit un haut-le-c½ur. Il serra les dents et écarta les longs cheveux dorés de la jeune femme afin d'en découvrir son visage. Paul ravala sa salive. Elle avait le visage ensanglanté, et il lui manquait un ½il. L'homme observa le cadavre de haut en bas, de droite à gauche. Ses ongles étaient tous décollés, elle n'en avait plus aucun. Elle avait un trou béant au milieu du ventre d'où s'écoulait encore quelques derniers litres de sang. Qui avait bien pu faire ça ? Un malade forcément, qui été rentré probablement par effraction chez lui. Paul fit donc le tour rapide des fenêtres et portes mais aucune ne semblaient avoir été forcées. Qu'avait-il bien pu se passer la nuit dernière ? Paul se sentait mal mais ne savait pas comment réagir. Faut-il appeler la police ? Et pour leur dire quoi ? -"Oui bonjour, j'ai trop bu hier et me suis réveillé avec une inconnue crucifiée dans mon salon. Je suis censé faire quoi ?" Non. Ça serait inutile. Il manque trop de morceaux au puzzle pour le moment. Le jeune homme remonta dans sa chambre pour enfiler un pantalon et un tee-shirt imprimé. En fouillant dans son armoire, un bout de tissus de soie dépassait parmi ses chaussettes et ses caleçons. Paul tira dessus délicatement, intrigué. Il en sortit une longue robe maculée de sang. C'était celle de la femme en bas. Et probablement que le deuxième verre vide sur sa table basse avait été pour elle. Le soleil lançait ses rayons brûlants et la chaleur était déjà difficilement supportable malgré l'heure matinale. Le jeune garçon un peu ébranlé et encore sous le choc se rendit vers sa salle de bain afin de se rafraîchir un peu le visage. Lorsqu'il sortit dans le couloir, des traces rouges s'étalaient sur le sol, comme si quelqu'un avait essayé de les essuyer rapidement. Sur la poignée de la porte, il y avait également des traces de sang. Paul hésitait à entrer dans la pièce par peur de trouver à nouveau quelque chose d'horrible. Et il avait raison d'hésiter. À peine après avoir poussé la porte et franchit le seuil, une odeur de chair lui montait d'assaut dans les narines. Il eut un relent et se précipita au-dessus de la cuvette pour vomir.
Dans la baignoire gisait un animal dépecé. Paul le reconnut directement. C'était son chien, Sam. Jusqu'à présent son maître pensait que l'animal était dans le jardin puisqu'il le met dehors chaque soir avant de se coucher. Mais apparemment hier soir ne s'est pas vraiment déroulé comme d'habitude. La peau du bel animal était pendu à la place du rideau de douche, qui lui avait disparu. C'était un chien de chasse très obéissant et Paul l'affectionnait beaucoup. Il avait les larmes aux yeux en voyant cette pauvre bête dans un tel état d'horreur, et se jura de faire payer celui qui a fait tout cela. La vision était cauchemardesque et Paul craignait de ne pas être au bout de ses surprises. Il sortit immédiatement de la pièce et courra jusqu'au salon à nouveau afin de prendre un sac poubelle noir et une paire de gants en latex. Paul ne pouvait supporter cela plus longtemps. Il fallait qu'il se débarrasse des deux cadavres. Il remonta les marches muni de son sac et se dirigea à nouveau dans la salle de bain. Il se pinça le nez entre son pouce et son index avant d'entrer. Et malgré ça, l'odeur de sang mélangée à celle de ses remontées gastriques lui parvenait quand même jusqu'au nez. Voir son animal ainsi lui fit mal au c½ur. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer à quel point il avait du souffrir. Il saisit la dépouille de Sam à une main en tournant la tête sur le côté par dégoût et la fourra dans le sac poubelle. En se relevant, il tomba nez à nez avec la peau pendue à la barre du rideau de douche. Sam était un Beagle magnifique. Il avait le poil court et doux, blanc avec quelques taches noires et marron. Et maintenant, la peau était aussi tachée de sang rougeâtre. C'était tout simplement dégueulasse. Paul se mit sur la pointe des pieds et décrocha la peau délicatement, puis la mit à son tour dans le sac poubelle. Il referma ce dernier sans plus attendre. Déjà un poids en moins pensait-il. Il devait maintenant se débarrasser du sac plastique. Il s'occuperait de nettoyer cette pièce plus tard. Pour le moment, il avait un problème plus important. "Comment vais-je pouvoir cacher ce corps ?" Effectivement, pour ce qui était du chien, le sac poubelle suffisait amplement. Mais là, le corps était bien plus grand. En attendant de trouver où le stocker, il fallait déjà qu'il le décroche du mur. Il se dirigea vers son garage, mais en repassant dans le salon il s'arrêta un instant, observant plus attentivement sa macabre invitée et son trou dans le ventre. Il y a quelque chose qui n'allait pas. Il y avait un creux, mais en fait la peau, elle, pendait encore au-dessus de son pubis. Mais ce morceau de peau était étrangement grand. On aurait dit que quelqu'un avait tiré dessus au point de l'étendre à son maximum. Si on rabattait la peau vers le haut, elle arriverait au niveau de la poitrine. Bien trop haut. Puis elle était bien trop large. Une pensée inquiétante traversa l'esprit du jeune homme et son visage changea d'expression. Il prit soudain un teint blafard. Paul écarquilla les yeux, puis se ressaisit. Il alla donc dans son garage chercher un pied-de-biche. Une porte donnait sur l'extérieur. On voyait une partie de son jardin. Paul s'apprêtait à rentrer à nouveau dans sa maison lorsqu'il vit une ombre passer derrière lui. Il se retourna immédiatement. Plus rien. Il était pourtant sûr d'avoir vu quelqu'un. Ou quelque chose peut-être. Il se dirigea lentement vers cette porte brandissant son pied-de-biche et il trouva une feuille de papier au milieu de l'herbe. Il regarda à droite, à gauche, mais il ne vit rien, si ce n'est son terrain qui s'étend à perte de vue. Paul habitait un grand domaine qu'il avait en vérité hérité de son père, qui s'était acheté ce terrain afin de profiter pleinement de sa retraite. Paul ramassa le papier. "T'as fait du bon boulot, petit con. Tu ferais mieux d'aller voir ton congélateur maintenant..." Le jeune homme resta bouche bée. Qui avait bien pu écrire ça ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il retourna dans son garage, s'approcha de son congélateur avec appréhension, et lorsqu'il s'aperçut qu'un bout de plastique dépassait du bac, il craignait d'y trouver encore quelque chose d'horrible. Sa main tenant le bout de papier tremblait et son c½ur battait tellement fort qu'il pourrait sortir de son corps. Paul était terrifié. Il posa une main sur son congélateur après avoir mit le papier dans sa poche, respira un grand coup et l'ouvrit lentement. Il posa son regard à l'intérieur rien qu'une demie seconde et se recula d'un pas. "Ah ! Qu'est-ce que c'est que ça encore ?!" Il grimaça, choqué, puis s'avança à nouveau. Il refusait de croire ce qu'il avait vu. "Bordel, c'est incroyable." Il ouvrit en grand son congélo. Le morceau de plastique était, comme pas mal de choses dans sa maison, teinté de rouge. Mais ce qu'il enfermait...
C'était impressionnant. Un f½tus était logé là, au froid. Voilà d'où vient le trou dans le ventre de la femme, et ça explique aussi la peau démesurément grande. Elle était enceinte. C'était abominable. On lui avait arraché son enfant du ventre. Et au vu de sa taille, elle devait être déjà à six ou sept mois de grossesse. Encore quelques temps et il aurait pu sortir de là plein de vie. Paul commençait vraiment à perdre pieds. En moins de vingt-quatre heures il avait vu toutes les horreurs possibles et imaginables. Qui plus est chez lui. Il était à deux doigts de craquer. Mais il était obligé d'agir, il ne pouvait pas laisser ça ainsi. Il inspira profondément, fermant les paupières puis les ouvrit et d'un pas décidé alla chercher un nouveau sac poubelle. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire du chien et du f½tus, car s'il les dépose seulement sur le bord de la route, des animaux pourraient venir, affamés et attirés par l'odeur de chair, et tenter de se nourrir du contenu. Cela serait un peu trop risqué. Il enfila à nouveau une paire de gants et porta à deux mains le rideau de douche qui enroulait le f½tus. Ses mains glissaient un peu sur le plastique sanguinolent et recouvert de liquide amniotique. Mais au bout de plusieurs essais il réussit enfin à s'en saisir et à le mettre dans le sac poubelle. Deuxième chose de faite, mais le plus dur reste à faire. Le plus dur était encore crucifié au mur de son salon. Il reprit en main le pied-de-biche qu'il avait posé à côté de lui, et rentra dans son salon, bien décidé à se débarrasser du corps de cette pauvre femme dont il ignorait d'ailleurs toujours l'identité. Il n'avait pas idée non-plus de ce qui avait pu se passer la nuit dernière. Il s'approcha donc du corps, impressionné des atrocités qu'elle avait subies. Il enleva pour commencer les clous logés dans ses pieds. En les retirant, il sentit la chair qui se décollait du métal et du mur. Le bruit était atroce. Mais il n'avait vraiment plus le choix. Et de un. Il aurait aimé se réveiller. Que tout ceci ne soit qu'un horrible cauchemar. Mais non, c'était bel et bien réel. Et de deux. Maintenant il ne lui restait plus que les deux clous situés dans les mains. Il s'approcha donc d'elle en tentant de ne respirer uniquement que par la bouche tant l'odeur que le cadavre dégageait était atroce. Mais Paul n'était pas assez grand pour les atteindre. Il essaya tout de même en se mettant sur la pointe de ses pieds mais cela ne suffisait pas. Des gouttes de sueur commençaient à s'égoutter de son front. Il se retourna, posa sa tige métallique sur la table basse du salon, et partit dans la cuisine prendre un tabouret. Il s'octroya au passage une petite pause, un petit moment de répit pour reprendre ses esprits, boire un verre et manger un petit quelque chose. L'appétit n'était pas spécialement au rendez-vous mais il fallait qu'il reprenne des forces, car sa journée est loin d'être finie. Il ouvrit donc un placard pour prendre un verre, puis ouvrit son frigo. Il devait bien y avoir une bouteille de jus de fruit entamée. Celle de jus d'orange fera l'affaire. "Du sans pulpe en plus, parfait." Paul trouvait désagréable de boire tout en ayant ces petits morceaux à l'intérieur. Quelque chose retint son attention. Il y avait une sorte de paquet qui n'avait rien à faire ici, dans son frigo. Il y avait également un petit bout de papier dessus. Le même que celui de tout à l'heure. Paul s'en saisit en soupirant. Il était écrit : "Alors, il est bon ton jus d'orange ? Tu devrais manger ceci avec, ça se marrie tellement bien..." Le jeune homme était à bout. Il ne savait pas à quoi tout cela rimait, mais quelqu'un semblait vouloir jouer avec lui. Paul n'aimait pas ça. Vraiment. "Qui que tu sois, laisse-moi tranquille !" Paul en vint à se demander si ce fou n'était pas chez lui en ce moment même. "Non, c'est impossible. Je l'aurais forcément vu, ou entendu." Il attrapa donc le petit paquet. L'emballage était fait de papier aluminium. Le jeune garçon ouvra précautionneusement le cadeau empoisonné. Il ne cessait d'inspirer et d'expirer profondément. Il était terrorisé. Il ressentait même un petit picotement dans la nuque. L'air était désormais palpable. Il écarta le papier argenté de chaque côté et resta comme bloqué lorsqu'il y découvrit ce qu'il cachait.
Le bleu de l'iris était transperçant. Presque hypnotisant. L'½il était là, posé sur le papier. Le nerf optique était attaché derrière, au moins il était sûr de ne pas le retrouver dans un endroit encore inapproprié et improbable. Mais les choses devenaient vraiment de plus en plus inquiétantes. Paul secoua la tête à droite à gauche en soufflant, comme pour évacuer tout le stress et toute l'inquiétude qu'il avait accumulé depuis ce matin. C'est les jours comme ça où tu te dis "j'aurais mieux fait de ne pas me réveiller". Il jeta l'½il dans sa poubelle en prenant soin de bien l'emballer comme lorsqu'il l'a trouvé. Il se servit son verre de jus d'orange tant attendu en regardant par la fenêtre donnant sur un arbre qui surplombait une grande partie de son jardin. Il trouvait cet arbre particulièrement beau, surtout en cette saison. Il passait la plupart des journées chaudes comme celles d'aujourd'hui sous son saule pleureur en écoutant sa musique. Cela lui permettait de décompresser et de s'évader. Il pouvait de cette façon se déconnecter du monde stressant dans lequel il vivait. Il porta son verre à sa bouche et en prit une gorgée. Son regarde quitta la belle vision de l'arbre pour se poser sur le contenu de son verre.  Il y avait des morceaux dans son jus. Mais c'était pourtant écrit "sans pulpe" sur la boîte... Ce n'était pas de la pulpe. Non. C'était des bouts d'ongles... Paul recracha le liquide en un jet dans son évier. "Bordel, mais c'est dégueulasse ! Putain ! Si je te retrouve salop, je te démonte !". Il avait même envie de gerber. Et pendant ce temps, tapie dans l'ombre, quelqu'un l'observait. Quelqu'un riait d'une voix ténébreuse. Bien décidé à s'amuser. Mais Paul ne l'entendait pas. Il se munit d'un tabouret à côté de lui, et alla d'un pas décidé près du cadavre. L'odeur de putréfaction commençait à empester dans toute la maison ; il lui fallait faire vite. Plus question de perdre une seule minute, le temps se fait précieux. Il grimpa sur son tabouret après avoir récupéré le pied-de-biche, puis retira le clou logé dans la main droite de la femme. Le corps -ou du moins ce qu'il en reste- pend désormais, accroché que par un seul dernier clou. "C'est bon, j'y suis presque. Ce cauchemar va pouvoir prendre fin". Il descendit du siège, se décala vers sa droite -soit à gauche du corps- et remonta dessus. Bien décidé à retirer ce tout dernier clou. Mais à sa grande surprise, ce dernier résistait. Il ne voulait pas se déloger du mur. Paul s'énervait de plus en plus. Les gouttes de sueur coulait sur son front. Puis la chaleur devenait accablante. "Aller, enlève-toi ! Je t'en supplie... Aller !". Paul était cramponné à la barre de fer, il la tenait à deux mains en forçant au maximum. puis le clou partit, tandis que Paul basculait en arrière. Il chuta, de même que son tabouret. Il resta au sol, allongé, les yeux grands ouverts, dans le cliquetis du clou de fer tombé lui aussi sur le sol. Soudain, on entendait le bruit du corps qui se décollait du mur. Le jeune homme, dans un élan, se releva en vitesse pour empêcher la dépouille de s'écraser sur le plancher. Il la rattrapa du mieux qu'il put, essayant tout de même de ne pas trop se coller à elle, mais en vain. Le cadavre tomba sur lui comme une masse, et il ne manqua d'ailleurs pas de rechuter. Paul fit glisser la jeune femme jusque sur le canapé pour la coucher, en attendant de trouver comment s'en débarrasser. La seule idée qui lui venait en tête était de tout faire brûler, de façons à ce qu'il ne reste plus aucune trace. En espérant inconsciemment que ça brûle par la même occasion le moindre souvenir qu'il aura de cette journée. Paul s'offrit un peu de répit et monta se reposer dans sa chambre. il s'allongea, et dans la minute qui suivit, il s'endormit. Dormir ne pouvait lui faire que du bien. Mais son esprit, lui, ne prenait aucun repos. Le jeune garçon était assis sur son canapé, une bouteille de vin à la main. Puis soudain une jeune femme blonde fit son apparition derrière lui, vêtue d'une très jolie robe qui épousait chacune de ses formes et qui avait dû lui coûter assez cher. "Ça y est, j'ai trouvé les toilettes !" Dit-elle en riant. "Parfait ! Je te ressers un verre Émilie ?"
Le clocher de la ville sonne les douze coups de midi. Paul se réveilla, tout chamboulé. Ce rêve n'en semblait pas vraiment un. Il avait l'impression d'avoir fait un bon dans le passé. Comme s'il était revenu un jour avant. Vingt-quatre heures avant que le cauchemar débute. Le prénom de la jolie blonde résonnait dans sa tête. Émilie. Elle s'appelait donc ainsi. Émilie... Beaumont. C'était son nom. Paul se souvient d'elle maintenant. Ils s'étaient rencontrés dans un bar où il allait souvent. Il s'y rendait chaque soir où il ne savait que faire. Il se souvient d'avoir accosté cette femme parce qu'elle était seule au comptoir, et suite à cela, ils avaient sympathisé. Un violent fracas vint sortir Paul de ses souvenirs. Le bruit venait du salon. Le jeune homme se leva, sur ses gardes, et descendit les escaliers en trombe. Arrivé au rez-de-chaussée, il remarqua en un coup d'½il le vase en morceaux sur le sol et la fenêtre brisée. Au milieu des débris de verre, il y avait un couteau tâché de sang. Paul se précipité dehors, et eût le temps d'apercevoir une ombre à quelques mètres. Il se lança alors à sa poursuite, en crient : "Hé ! Arrête-toi connard ! Je vais te chopper !" Mais, sans surprise, l'ombre continua sa course. De toutes façons, il ne pourra pas aller bien loin puisque le jardin est bordé de grandes haies. Paul redoubla d'efforts pour rattraper l'inconnu mais celui-ci courait toujours plus vite. Tellement vite que cela en devenait étrange. Et en quelques secondes, il disparut derrière un arbre.  Comme envolé. Paul s'arrêta net et regarda aux alentours. Cet enfoiré s'était volatilisé. "Sors de ton trou et vient m'affronter, comme un homme !" Mais il ne vit aucun mouvement à l'horizon. Seulement les feuilles qui dansaient avec la brise légère qui s'était levée. Fatigué de cette mascarade, il retourna dans sa maison en continuant à jeter quelques coups d'½il autour de lui et derrière pour discerner un éventuel mouvement humain mais en vain. Il retourna à nouveau dans son salon, où les bouts de la vitre craquaient sous ses pieds, puis observa l'arme. Avec un peu de chance, notre bel inconnu aurait laissé ses traces dessus. Paul enfouit sa main dans la manche de son pull qu'il avait enfilé en vitesse après s'être réveillé, et prit le couteau précautionneusement, puis le glissa dans un sac de congélation qui traînait près du plan de travail. Heureusement, il connaissait quelqu'un qui travaillait dans la police criminelle et qui allait pouvoir lui faire analyser ça en un rien de temps. Paul remonta à l'étage, changea de haut pour en mettre un plus propre et non maculé de sang, il saisit la robe d'Émilie restée dans sa penderie, alla chercher le sac poubelle où pourrissait le cadavre de son chien, et descendit le tout pour le poser près du canapé. L'odeur devenait insupportable. Sans qu'il s'en rende compte, les heures défilaient à une vitesse ahurissante, comme si le temps s'était accéléré. Il ouvrit la porte menant dans le garage, prit le trousseau de clé suspendu parmi d'autres à côté du frigo, et alla ouvrir le coffre de sa voiture, ou devrais-je dire de son bijou. Il tenait à sa voiture comme à la prunelle de ses yeux. Il avait attendu et économisé des années avant de pouvoir se l'offrir. Elle était sa seule fierté. Une petite Audi TT, blanche, pure, aux courbes magnifiques. Il ouvrit donc le petit coffre, il y mit le sac poubelle contenant Sam et l'autre contenant le f½tus, puis la robe elle aussi enfermée dans un sac plastique. Il referma ensuite le coffre. Il ouvrit la porte côté passager puis rabatta le siège. Il retourna dans le salon, et la tâche suivante n'allait pas être des plus simples. Il posa ses mains sur ses hanches, puis souffla. "C'est partit. On y va..." Il glissa un bras sous les genoux de son amie d'un soir, puis un deuxième dans son dos. Il la souleva en soufflant, et peina à la transporter jusqu'au garage mais il savait qu'il n'avait pas le choix. Son corps avait laissé des marques sur son canapé. Et Paul n'y avait pas réfléchis, mais il laissera aussi des traces sur la banquette arrière de sa voiture. Il n'avait pas prévu ça. "Tant pis, je nettoierai tout comme il faut après avoir terminé." Il glissa donc le corps sans vie et sans forme à l'arrière. Mais il fut obligé de s'arranger pour que tout rentre, puisque la voiture est assez petite. Il a donc fallut man½uvrer pour plier les jambes et la tête. Il rabatta le siège, retourna dans la cuisine prendre le petit sac de congélation, ferma la porte derrière lui, actionna l'ouverture mécanique du garage grâce à une manette, puis grimpa dans son Audi TT. Il fit une marche arrière dans l'allée jusqu'à ce que son portail détecte sa bagnole et s'ouvre automatiquement. Il prit la route direction la déchetterie, là où se trouvait l'incinérateur. Il espérait qu'à cette heure, les gens seraient à table devant le journal de treize heures. Cet espoir se confirmait au fur et à mesure qu'il roulait puisqu'il ne croisa aucune voiture sur la route. La déchetterie n'était plus qu'à quelques mètres.  Il avait la chance d'y habiter assez près.  Il entra à l'intérieur, et sa confiance le déserta lorsqu'il vit le personnel dehors en train de prendre leur pause. La tâche allait être plus compliquée qu'il ne l'avait imaginée. Il roula quand même comme si de rien n'était et se dirigea près de l'incinérateur, là où trois hommes parlaient en gobant leurs sandwichs. Paul priait pour qu'aucun n'ait la curiosité de regarder par les fenêtres, car ils seraient bien étonnés d'y découvrir le corps d'Émilie. Heureusement tout de même, il y avait une petite place à côté du bâtiment, où il pouvait se garer et où les hommes ne verraient rien. Il passa devant eux, et en voyant l'un des trois se lever il baissa sa vitre. Il lança :"Ne vous dérangez pas pour moi, je vais me débrouiller !" L'homme fit un geste de la main et retourna  s'asseoir pour reprendre la discussion avec ses collèges. Paul essuya les gouttes sur son front, puis gara son engin sur la place à l'abri des  regards. Il descendit, ouvrit le coffre, et s'empara en vitesse des sacs poubelle. Il pénétra dans la pièce en poussant la grosse porte entrouverte de son pied, puis déposa les sacs dans un conteneur gris. La chaleur était encore plus accablante que celle de dehors. "J'espère qu'ils vont s'occuper de ça vite avant que l'odeur n'empeste trop !" Son coffre en était déjà quelque peu imprégné alors qu'il avait déposé le cadavre de Sam que depuis quelques minutes seulement. La chair en décomposition était insupportable. Il sortit, referma son coffre, et s'apprêta à ouvrir sa portière afin d'en sortir la jeune femme lorsqu'il entendit des bruits de pas s'approcher de lui. Il se retourna et vit l'ouvrier  de tout à l'heure : "Tout va bien, monsieur ? Aucun problème ?
-Non non, ne vous inquiétez pas.
-Pas besoin d'un coup de main, vous êtes sûr ?
Pourquoi insistait-il autant ? J'ai dis que tout allait bien. Il devine peut-être que je suis préoccupé ? Voit-il les gouttes de sueur sur mon front ? Voit-il la crainte grandissante dans mes yeux ? Non, bien sûr que non. Ce n'est pas possible.
-Non merci, j'ai bientôt finit qui plus est. Ne vous inquiétez pas." L'homme fit un sourire, puis repartit. Paul se précipita donc sur sa portière pour en sortir le corps délicatement sans pour autant perdre de temps, puis alla la jeter à son tour dans la benne. Il sortit du bâtiment, les bras au ciel, en lâchant un petit "Enfin !" puis regrimpa dans son bolide. Maintenant que le plus gros était fait, il se sentait bien plus léger. Désormais, direction le poste de police. Paul reprit la route plus serein, il allait maintenant savoir qui était derrière tout ça. Cinq minutes environ après avoir redémarrer, il vit soudain une personne vêtue de noir debout au milieu de la route. La silhouette était très maigre et très grande, avec le dos cambré en avant. Paul l'ayant aperçu  au dernier moment, freina de son mieux et donna un coup de volant sur la droite. "Merde !" La voiture fonça droit dans un buisson. La personne sur la route se retourna lentement vers lui et ses yeux jaunes le transperça comme une lame. C'était la seule chose que l'on pouvait distinguer de ce sombre corps. Ce n'est qu'au moment de reprendre la route et de sortir sa voiture du buisson que Paul remarqua que cette étrange présence volait. Elle ne touchait pas le sol. Puis elle s'approcha de la voiture, de plus en plus vite, jusqu'à se déplacer aussi vite que la lumière et avala le bolide ainsi que son conducteur dans un grand bruit aigu. Un voile noir engouffra Paul, puis disparu, se dissipa dans l'air comme de la brume. Le jeune homme se frotta les yeux. Qu'était-ce ? Une hallucination ? Probablement. La sieste de vingt minutes de tout à l'heure était bien insuffisante pour qu'il puisse récupérer son sommeil. Paul prit deux longues minutes pour s'en remettre, puis reprit son chemin en direction des flics.
Il se gara devant l'immeuble, prit le sac de congélation posé sur le siège passager, et jeta un ½il à sa carrosserie avant d'y entrer. Il eut presque envie de pleurer en voyant les égratignures qu'elle avait. "Fichues hallucinations !" Mais il se consola en se disant que les dégâts auraient pu être plus importants et qu'au moins, elle pouvait encore rouler. Il poussa la porte du bâtiment, et se dirigea vers l'accueil.  "Bonjour, Jeanne". La femme leva la tête immédiatement, elle avait reconnu sa voix. "Bonjour, Paul". Jeanne était fascinée par cet homme. Il n'avait pourtant rien de particulier, mais à chaque fois que leurs regards se croisaient, elle avait la chair de poule et ne pouvait s'empêcher de sourire. Quant à lui, le simple fait de prononcer le prénom de la jolie brune, lui faisait un petit quelque chose au c½ur. Ses yeux verts, ses cheveux attachés en un chignon serré, sa peau douce et ses lèvres fines. Tout le faisait craquer. Leur relation avait toujours été plus ou moins ambiguë, mais il ne s'était jamais rien passé entre  eux.
"Qu'est-ce qui t'amène ici ?
- Ça serait un peu long à expliquer, mais il faudrait que tu vérifie quelque chose pour moi s'il te plaît.
Paul déposa le sac contenant le couteau sur le comptoir. Le sourire disparu du visage de Jeanne. Elle avait l'habitude de rendre service à son ami mais toujours pour des choses futiles.
- Très bien...
- Merci.
- Écoute, tu sais que je te rendrai toujours service, mais qu'est-ce que cela veut dire ?
- J'ai besoin de savoir à qui appartient le sang sur la lame, et aussi s'il y a des empreintes, s'il te plaît. Promis je t'expliquerai.
- Je vais te faire ça immédiatement. Mais tu m'inquiètes Paul.
- Ne t'en fait pas. Je t'attends ici."
Jeanne savait que ce qu'elle allait faire lui était interdit et qu'elle prenait des risques, mais cela lui importait peu. Et puis, Paul avait toujours était présent pour elle lorsqu'elle en avait besoin. Elle s'éloigna donc avec le couteau. En attendant, Paul alla s'asseoir sur des fauteuils mis à disposition. Il ne cessait de réfléchir aux événements de ces dernières heures. Émilie. Son chien. L'ombre dans son jardin. Les petits messages anonymes. Le fantôme au milieu de la route. Le voile noir qui l'a englouti le temps de quelques secondes, mais qui sont parues bien plus longues. À quoi cela rimait ? Depuis ce matin il était en ébullition. Il ne cessait d'y repenser et de ressasser cela dans tous les sens possibles. Mais il allait avoir la réponse bientôt. Le puzzle allait pouvoir reprendre un peu plus forme encore. Plus que quelques minutes. Il ferma les yeux et tenta de chasser toutes ces mauvaises choses de son esprit. Il était de nouveau chez lui. Sur son canapé. Il tenait dans sa main un couteau, et devant lui, un corps était crucifié au mur. Il aperçut sur sa table basse un marteau. Puis il souriait. Il se saisit des deux verres posés également sur la table, saisit la bouteille, et monta dans sa chambre. La robe de soie rose maculée de sang était déjà en boule dans son armoire. Le couloir ainsi que les portes et les murs étaient recouverts de rouge. C'était un vrai carnage. "Paul ! Paul, réveille-toi ! Eh oh, on ouvre ses yeux !" Paul se réveilla. Son c½ur battait à cent à l'heure. Doucement, il arriva à prononcer quelques mots, encore à  moitié endormis : "Je tenais le couteau..." Il semblait sous le choc. "Et bien, tu as vu un fantôme ?! Il faut dormir la nuit Paul. Ceci dit, tu as l'air d'avoir un sacré soucis.
- Que veux-tu dire par là ?
- J'ai fait analyser le couteau. Je ne sais pas dans quoi tu t'es fourré, mais cela ne m'étonne pas que tu peine à trouver le sommeil.
- Vas-y, explique-moi, et ne tourne pas autour du pot s'il te plaît.
- Le sang appartient à Émilie Beaumont. Une petite rebelle arrêtée à plusieurs reprises pour conduite en état d'ivresse. Et les empreintes  présentes en grandes quantités ne sont autres que les tiennes, Paul Valetot.
Paul déglutit.
- Alors je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais ça ne présage rien de bon. Vraiment...
- Merci beaucoup Jeanne. Je t'expliquerai une fois que tout sera réglé. Merci encore."
Le jeune homme repartit en direction de la porte d'entrée, lorsque son amie l'interrompit.
"N'oublie pas que je suis là, si tu as besoin !
- Merci."
Et Jeanne le regarda sortir d'un pas nonchalant. On pouvait lire l'inquiétude sur son visage. Paul s'installa au volant, dépité. Il ne  se remet toujours pas de la nouvelle que vient de lui annoncer la jolie policière. Son dernier rêve était donc vrai. "Non... C'est impossible. Je ne suis pas un meurtrier, je n'ai pas pu faire ça..." Et pourtant, tout semblait démontrer l'inverse.  Il démarra la voiture, et rentra chez lui lentement. "C'est impossible." Plus il y pensait et plus il se répétait que cela devait être un coup monté. Les grilles de sa demeure s'ouvrirent, ainsi que la porte de son garage. Il éteignit le moteur et resta assis là pendant plusieurs minutes. S'il avait vraiment fait ça, les flics le coinceront rapidement. On avait du le voir avec Émilie hier soir aux alentours du bar. Puis il y avait son sang partout chez lui. Il était fichu. Il en aurait pour des années de prison. Il aurait le temps de pourrir avant de pouvoir remettre un pied dehors. De plus, il ne s'était pas rendu à son boulot aujourd'hui. Et son patron était un vrai connard qui ne tolère aucun retard. Surtout que ce n'est pas sa première absence. Son patron l'avait déjà menacé de renvoi. C'était peut-être ce qu'il allait faire cette fois. Paul n'en pouvait plus. Il avait faim, il était fatigué, et était à bout. Finalement, il remit le contact à son Audi TT, alluma son poste cd où là chanson I'm Terrified de IAMX passait à fond, et il reprit la route. Cette fois il changea de direction. Il devait être aux environs de 14h30, peut-être plus, peut-être moins. La route qu'il emprunta menait vers des falaises réputées pour leur beauté. D'un coup, le soleil qui jusqu'ici cognait à son maximum, disparu pour laisser place à de sombres nuages. L'atmosphère changea du tout au tout. Désormais, il faisait sombre. On se croirait en fin d'après-midi hivernal. La route était sinueuse. Lorsque la route commença à être granuleuse, il savait qu'il était presque arrivé. Il gara son engin à un mètre du bord, puis coupa le contact. Il est vrai que vu d'ici, le  paysage est magnifique. S'offrait devant lui l'océan. D'un bleu hypnotisant. Comme l'½il d'Émilie retrouvé dans son frigo. Et comme les notes de la chanson. I'm terrified. I  think too much. Les vagues n'étaient ni trop agitées, ni trop calmes. Quelques pêcheurs étaient là, en bas, en train de remonter leurs filets ou bien  de les nettoyer, Paul ne discerner pas précisément bien d'ici. Et entre le sable et Paul, il y avait des rochers énormes, difformes, pointus. Cela était parfait, c'est ce que le jeune homme espérait trouver. Il sortit de sa boîte à gants une vieille photo. Il l'a regarda longuement puis la fourra dans sa poche. I'm terrified.  Il inspira en fermant les yeux. I'm terrified. Des larmes naissaient timidement. Le poids de tout ce qu'il s'était passé ces dernières heures l'accablait. C'était horrible. En plus de ça, il ne pouvait en parler à personne. Il n'avait pas un seul ami proche. Autrefois il aurait pu se confier. Autrefois, il avait quelqu'un près de lui. "Anaïs..." Il serra ses poings. Loneliness is the key to break that spell. "Pourquoi toi ?" Anaïs et lui filait le parfait amour, il y a de ça un an. Jusqu'au jour où elle eut un violent accident de voiture dans lequel elle décéda directement. C'est depuis ce jour que Paul a complètement déraillé. Il s'était découvert un goût prononcé pour l'alcool, et sa vie sexuelle était un véritable défilé. Cela lui permettait de mettre de côté son chagrin. Mais là, c'en était trop. Il sortit de la voiture après avoir coupé la musique. I'm terrified. Oui, Paul avait peur. Il était inquiet vis-à-vis de son avenir. Il avança jusqu'au bord de la falaise, jeta un coup d'½il en bas puis sortit la photo de sa poche. On y voyait Anaïs, soufflant sur un gâteau d'anniversaire. Elle rayonnait et semblait au paroxysme du bonheur. C'était lui-même qui avait prit ce cliché. Il embrassa la photo, et la remit dans sa poche. Il écarta les bras de chaque côté en les tendant, ferma une dernière fois les yeux, et s'apprêta à sauter lorsque la musique de son poste audio démarra. La chanson débuta une nouvelle fois, son au maximum. Le jeune garçon, les yeux mouillés, tourna immédiatement  la tête vers sa voiture. Il l'avait pourtant fermée à clé... "Putain, c'est pas le moment là..." Ce n'est jamais le moment. Il sortit les clés de sa poche et ouvrit sa  portière. Soudain, la voix du chanteur changea. Elle devenait de plus en plus grave. Elle se déformait étrangement au fil des secondes. Le c½ur de Paul, lui, battait de plus en plus vite. Sans qu'il le remarque,  une ombre se glissa à côté de lui, sur l'autre siège. Elle flottait là, presque translucide. Elle avait les mêmes yeux et le même sourire que celle au milieu de la route cet après-midi. Oui, c'était elle. "Qu'est-ce que c'est que ça ?!" L'ombre ondulait, et souriait.  Elle poussait des petits cris rauques, des sortes  de souffles en se raclant la gorge. C'était tellement étrange que c'en était indescriptible. La chanson continuait toujours de se déformer. Il n'entendait même plus les paroles d'origines. Maintenant, plusieurs voix se superposent. Puis elles chantèrent en canon : "Die, die, die..." Paul cru même entendre le prénom de sa feu bien-aimé. Il avait envie de pleurer, de crier. Les voix continuaient de chanter, et l'ombre, elle, observait. Elle était le tourment, elle était la conscience du jeune homme. Son pire cauchemar. "Ça suffit... C'est bon, j'abandonne..." Paul prit sa tête entre ses deux mains et cria. Il lâcha tout. Pleurs et cris se mêlèrent. Il sortit de sa voiture en trombe sans même prendre le temps de faire taire les voix, ni même de refermer la porte. Il prit son élan, courra, et sauta.

Macabre destinée.
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#Posté le lundi 14 novembre 2011 09:36

Modifié le lundi 19 décembre 2011 12:29









J'aimerai t'écrire une lettre, une énième lettre que je n'enverrai jamais. Je te demanderai pourquoi, et si tu penses à moi. Évidemment que oui, je le sais, mais je te le demanderai quand même. Je voudrais bien voir tes explications, lire tes mots un à un en inspirant profondément, puis en chialant comme une pauvre gosse. J'aimerai mettre une petite caméra dans l'enveloppe pour voir tes réactions lorsque tu liras mes confessions. Est-ce que toi aussi tu pleurera ? Qu'est-ce que tu feras, hein ? J'voudrais bien savoir ce que ça fait de t'avoir près de moi. Je m'imagine comment le quotidien aurait été complétement différent. Avec toi, la vie aurait sûrement eu un tout autre sens, elle aurait peut-être était plus belle. Ou peut-être pas, qui sait ? Puis au fond, qu'importe non ? Ma lettre, serait tellement longue, qu'il te faudrait des heures pour la lire. Tu t'y perdrais probablement, parce que dans ma tête c'est l'bordel. Il n'y a que bombes et poussière. Et une silhouette qui se tient là au milieu, qui tangue un peu. J'aimerai t'écrire des choses que je t'avouerai pleine de craintes et de honte, ne sachant si c'est le genre de choses qu'il faut dire ou non. Je te dirai à quel point je suis perdue. Quelle porte pousser ? Quel chemin emprunter ? J'attendrai une réponse de ta part, mais dépêche-toi s'il te plaît, avant qu'il soit trop tard et que les tourments m'emportent. J'espérerai probablement pour rien un retour, car il n'arrivera jamais. Puis finalement cette lettre finira brûlée, comme toutes celles que tu m'as écrites aussi.Elles sont bien plus utiles pour alimenter le feu de ma solitude. Ce qui bouillonne en moi, ce volcan endormi, ce sont tes mots qui le réveille. Et puis il explose, et déverse son magma de haine et d'incompréhension. Je finirai par te dire que je te déteste. Du plus profond de mon être, je te hais, et te méprise. Mais bordel, reviens-moi. Cette haine ne cache en fait qu'un amour perdu. Un amour que tu as laissé moisir sur le seuil de la porte. J'aimerai te comprendre. J'aimerai te pardonner. Pourquoi ne fais-tu aucun effort ? Où es-tu ? Qui es-tu ? Je ne le saurai jamais.
 
 
 
 
 
--------WE----FOUND----LOVE--------
 
 
Aujourd'hui je porte ton tee-shirt, tu sais, celui avec les étoiles, et je me passe en boucle des chansons de Robert Francis. Des flash de nous deux m'assaillent. J'ai à mon tour un goût amer dans la bouche, celui de la nostalgie. Les images me reviennent en tête tels des coups de poignards. Mais j'ai oublié ton odeur, et la sensation de sentir cogner ton coeur. J'oublie également ton souffle et le goût sucré de tes lèvres. Tout ceci n'était qu'un rêve. Qu'un putain de mirage. Cela fait deux mois, mais j'ai l'impression que c'est bien plus lointain. Ton apparition dans ma triste vie a eu l'effet d'une bombe, ou d'un choc éléctrique. Tu l'ignore sûrement mais tu m'as apporté plus en une heure que n'importe qui en une vie. Cependant sois rassuré, il n'y a plus la moindre trace de sentiment à l'intérieur de moi. Je voulais juste te dire que je ne t'oublierai jamais. Et tu vois ces mots, moi je les pensais.
MENTIR À SOI-MÊME N'APPORTE RIEN DE BON.
Aujourd'hui je porte ton tee-shirt, celui avec les étoiles, et je me passe en boucle des chansons de Robert Francis. Des flash de nous deux m'assaillent. J'ai à mon tour un goût amer dans la bouche, celui de la nostalgie. Les images me reviennent en tête tels des coups de poignards. Je n'oublie pas ton odeur, ni la sensation de sentir cogner ton coeur. Je repense souvent au goût sucré de tes lèvres, à ton souffle dans mon cou. Rien de tout ceci ne me paraissait réel. Cela fait deux mois, mais j'ai l'impression que c'était hier. Ton apparition dans ma triste vie a eu l'effet d'une bombe, ou d'un choc électrique. Tu l'ignore sûrement mais tu m'as apporté plus en une heure que n'importe qui en une vie. Mon corps porte encore des marques de toi, enfin, surtout mon coeur. Des sortes d'ecchymoses qui ne semblent pas vouloir guérir. Je ne t'oublierai jamais. Quoi qu'il puisse arriver.
 
 

 
 
BLABLABLA. FACEBOOK, OU LA FOIRE AUX TEXTES.
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#Posté le mercredi 09 novembre 2011 06:26

Modifié le mardi 22 novembre 2011 09:15

Whaterver you are.

Le soleil se lève lentement, pose ses rayons dorés sur le paysage qui s'étend devant mes yeux. Tout est beau. Tout est pur, et infini. Comme notre amour. Je ferme les yeux, et laisse le vent caresser mon visage. Je laisse mes cheveux danser, et tes bras m'enlacer. Mais j'ai peur. Peur de me réveiller seule, dans un monde sombre, et enfermée ici. J'ai peur de voir que le monde n'est pas celui que je pensais être. Que les étoiles n'ont rien de magique, et que chacun des espoirs que j'ai fondé n'est qu'au final poussière. J'ai peur de me retrouvée sans toi, et de ne plus pouvoir respirer. Ta poitrine contre la mienne me fait vibrer, tu sais. Je me noie dans tes yeux. J'avale tes mots. Le sang bouillonne dans nos veines, et nous fait oublier toutes nos peines. Je voudrais que tu me serre, vas-y, rassemble toutes tes forces et serre-moi. Jusqu'à ce que j'étouffe. Je voudrais que nos c½urs chantent encore à l'unisson jusqu'à la fin. Qu'ils se mêlent, se mélangent et, dans un dernier soupir, se saoulent de sentiments. J'ouvre les yeux, plonge mon regard dans le tiens, et inspire une grande bouffée d'air frais. Ton sourire est magnifique. Mes yeux commencent à s'emplirent d'eau, je ne sais pourquoi à vrai dire, un trop-plein d'émotion probablement. Quoi qu'il en soit, tu es là, et c'est tout ce qui me rend heureuse.
 
 
I Am Terrified.
 
Whaterver you are.
 
 
~ Sometimes I feel untouchable. Sometimes, I feel free.
_____ Ce n'est pas un problème de personnalité. N'importe qui peut faire n'importe quoi. N'importe qui peut devenir n'importe qui. On se démarque par nos faits et gestes, notre façon de penser, de faire ; à chacun sa manière d'arborer le soleil, le ciel et ses étoiles. D'ailleurs, la Terre est un ciel finalement, on s'y perd comme dans les abysses de l'univers, puis parfois on trouve des étoiles, des perles rares, étincelantes et éclatantes de mille feux, qui s'éteignent les unes après les autres, qui disparaissent dans la masse profonde et sans fin. Ces étoiles sont précieuses, comme des petits cailloux dorés qu'il aurait fallu garder bien à l'abris. Comme si un coup de vent suffisait à les faire s'envoler, avais-je pensé. J'avais médité sur ce sujet non très longtemps à vrai dire, ce soir là je n'étais pas d'humeur à réfléchir, ce soir là, il faisait sombre dans mon c½ur. Le ciel était noir, et des étoiles, je peinais à en trouver. J'avais cru en apercevoir une un moment, mais elle a disparu aussi vite qu'il m'a fallu de temps pour en chercher une ailleurs. Des nuages brumeux, lourds, pesants se déplacent lentement dans ce paradis céleste, comme s'ils apportaient quelque chose d'important, qu'ils le faisait voyager. Ce soir là toujours, même la lune s'était cachée. « Que se passe-t-il là-haut, maman ? Crois-tu que quelqu'un nous observe ? Crois-tu, toi aussi, qu'on ne voit que la traduction de ce qu'on pense ? » Mais ma mère se tut. Elle regardait partout, je savais qu'elle m'avait entendu mais elle se tut. Puis, elle caressa mes cheveux, me fit mettre ma tête sur sa poitrine et lança : « Ecoute et sens mon c½ur battre. Tu vois, des anges donnent et retirent la vie aux gens autour de nous. Si des personnes nous voient là-haut, ça ne peut être qu'elles. Que ces anges. Ils notent tout, par exemple à cet instant ils notent combien cette pompe bat vite, et combien je t'aime, combien de temps vais-je encore respirer à tes côtés. Ensuite, ils retranscrivent tout, et envoient ça à Dieu, par paquets. Les plus lourds sont les plus importants. C'est dans ceux-ci qu'on y trouve les messages les plus précieux. Tu comprends ? » C'était à mon tour de me taire. J'ai souris, avait regarder ma mère, puis les cieux. Ce qu'elle disait était-ce aussi précieux que ces messages ? Ces paroles avaient-elles été écrites là-haut puis envoyé à leur maître ? Cette nuit-là j'avais rêvé que j'étais un ange, parmi eux. Je pouvais sentir l'organe de ma génitrice battre, mais celui-ci cessait de plus en plus, jusqu'à l'arrêt total.
Trois jours on suivis, et ma mère ne s'est plus réveillée. Un ange de plus dans le ciel ; je n'avais même pas crié, ni même pleuré. Je me suis souvenu aussi qu'à la mort de mon grand papi il y a de ça quelques années, ma mère m'avait appris quelque chose. « Ton grand père est partit tout là-haut, mais ne t'inquiète pas, il ne peut être qu'en sécurité. Voyant mes yeux emplis d'eau elle rajouta : C'était quelqu'un de bien, il a passé sa vie à aider les gens comme il pouvait. Un jour, quelqu'un s'en souviendra. Grand papi est un ange. » Pour tout dire, à cette époque je n'avais pas vraiment compris ce qu'elle avait voulu dire. Maintenant je sais. Grand papi est un ange qui observe les gens sur son trône poussiéreux. Je suis sûr que c'est lui qui est venu chercher maman. C'est même lui qui est entré dans mon crâne et a orienté mes rêves. Il voulait me prévenir, avais-je penser. Mais j'avais préféré garder ça pour moi, pour le moment.
Je ne sais toujours pas aujourd'hui si j'avais vu vrai ou pas, tant que nous n'y sommes pas, nous ne pouvons savoir. Cependant d'autres rêves me vinrent, et j'étais à nouveau un ange, guetteur du haut de ma tour, d'ailleurs sur un écriteau j'ai pu voir qu'elle portait mon nom, chaque ange avait la sienne, et chaque ange devait veiller sur des personnes précises. Aujourd'hui je suis encore incapable de parler de tout cela à quelqu'un, du moins quelqu'un de confiance car les anges m'ont enlevé les personnes les plus proches de moi. Et le pire, c'est que j'avais pratiquement tout vu à l'avance, dans mes rêves. Je voulais simplement que cela cesse, mais avec les années j'ai compris qu'ainsi je pouvais profité plus de chaque instant avec ces personnes. Peut-être un jour ce sera moi à la place de tous mes proches, un jour, je serais un ange. Un jour oui, mais je ne suis pas comme grand papi, le temps ne m'a pas assagis je crois. Il faudra que je travail là-haut, que je répare mes erreurs. Ensuite, je serais un ange. Un jour.
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#Posté le jeudi 27 octobre 2011 04:40

Modifié le samedi 31 décembre 2011 05:07

De l'amour à la mort.

De l'amour à la mort.
 
 
 
Un souffle nouveau frissonne dans mon cou. Contempler tes courbes du bout de mes doigts. Respirer un nouvel air, telle une renaissance. Me revoilà, face à la vie, armée de tout l'espoir du monde. J'apprends à marcher, sur ce nouveau chemin qui se présente sous mes pieds. Tel le Phoenix, je renais de mes cendres. Je fus anéantie, il y a de ça des millénaires déjà. Je me réveille chaque matin, plus en vie que jamais. Puis je me dis "et si ce souffle était le dernier ?". C'est pourquoi j'irais tout en haut de cette montagne là-bas, celle qui semble inaccessible. J'irai tout en haut, et jamais je n'en redescendrai. Vivons, tant qu'il est encore temps. Souffrons, aimons, sourions. Qu'est-ce la vie au final ? Si ce n'est une chance d'atteindre notre but, et d'être heureux.
 
 
YOU'LL BITE THE DUST BITCH !
 
 
 
♥
 
 
 

De l'amour à la mort.
 
 





Dreams and Love are Favourable to Illusions.

J'étais là, enfant, t'observant sans arrêt. La moindre chose que tu pouvais faire, ou dire, je m'en imprégnais automatiquement. Mon guide, mon étoile, je t'aurais suivis au bout du monde, j'étais inconsciente, je ne voyais que par toi, l'unique personne au monde capable de contrôler ma vie, d'une main froide et tremblante. Je t'idéalisais, je t'imaginais déplaçant des montagnes, voguant les mers de tous pays, combattante, mais ce ne fut qu'illusions. Grotesques. Le bonheur m'a filé entre les doigts, à l'instant où tu as disparu. En un battement de c½ur, en un clignement d'yeux, tout est partit en fumée. Il ne reste que quelques particules de nous en l'air, voguant sur les flots déchaînés de mes souvenirs. C'est comme si le temps se foutait de ma gueule. Le futur n'existe plus, et quant au passé, il remonte jusqu'à moi de temps à autres, et je me noie dans cette houle infernale, je n'ai plus pieds, plus de bouée à laquelle me raccrochée. Je suis un ciel sans soleil, un corps sans âme, un bateau sans ancre. Je ne suis plus rien, si ce n'est une marionnette, qui se perd. J'avance, je recule, je tombe. Et toi, qui es-tu ? Ou plutôt, qu'es-tu ? Es-tu ce fantôme, qui me hante jour et nuit ? Est-ce donc toi, qui vole mon sommeil, mon sourire, mon soleil ? Serais-tu donc ce Diable, qui de ses cornes transperce le ciel, et s'empare, se nourrit de toutes ces larmes, de toutes ces âmes ? Je l'ignore. J'ignore qui tu es réellement, j'en oublis même jusqu'à ton visage. Et pourtant il semblerait que tu sois ancrée en moi, à tout jamais. De tous les chemins qui s'offraient à moi, j'ai choisis le mauvais. J'ai choisis celui que tu m'a montré, parce que tel était ton rôle, du moins au départ. Comme quoi les choses peuvent prendre une toute autre tournure, en un rien de temps, juste quelques minutes, une décision de prise, et c'est tout un monde qui est bombardé. Ce monde, n'est autre que le mien, que le nôtre. Nous étions un temple, nous étions chacun un pilier, mais le temps s'acharne à les faire chuter lentement, et avec un tel sadisme. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que de la poussière éparpillée aux quatre coins du globe. Nous ne sommes plus que des images restées en mémoire, mais pour combien de temps encore ? Qui sait cela ? Qui sait aussi ce qui t'es passé par la tête ? Qui sait le nombre d'années, où tu feras encore corps à corps avec moi ? ... C'est infernal. Tu t'es entraînée dans un tourbillon maléfique, un cercle vicieux, duquel on ne sort jamais indemne. Enfin, encore faut-il que tu en sorte. Tu espères tellement nous retrouver, que l'on revienne vers toi, mais tu ne fais aucun effort. Tu le sais, les paroles ne remplaceront jamais les gestes. Ne dis pas, fais. Ou bien laisse-nous un peu tranquille, ne serait-ce que pour une fois. Laisse nous respirer, laisse moi revivre. Pour de bon. Sans regarder derrière moi constamment, sans devoir vomir à chaque fois que je pense à toi, sans devoir te cracher ma haine sur des bouts de papier que tu ne verras jamais. C'est sûrement ça le plus absurde dans toute cette histoire. Je te hais, tout en t'aimant par obligation, mais je m'obstine à te le dire, je m'obstine à ressasser tout ça chaque fois un peu plus, alors que tu ignores la moindre de mes pensées, jusqu'au moindre de mes faits. Qui est donc le plus ridicule, est-ce toi, ou bien moi..
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De l'amour à la mort.
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_.____________________________________________________________L O V E
__________________________________________________________W I T H O U T 
_________________________________________________.____________H O P E
__________________________________________________________B E C O M E S
________________________________________________________________A
_____________________________________________________________D E A D
____________________________________________________________T H I N G
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#Posté le mercredi 28 septembre 2011 01:52

Modifié le vendredi 04 novembre 2011 10:29

Life's a chance to show at the world who you are.

020903 ; †
030711 ; ♥

Plein d'projets en tête. Vivement que ça se concrétise. *w*
 

 Life's a chance to show at the world who you are.
J'ai des cernes, des boutons, des gros seins... FAKE. J'suis pas maquillée, mes cheveux ressemblent à rien, je fais une tête de caca. Mais bon, j'suis comme ça.





"L'amour a un grand pouvoir d'attraction sur les créatures. C'est une force énorme. Plus grande que la gravitation. Je dirais même que c'est la plus grande force sur cette Terre."



_______________________________________
 
Quand les lumières s'allument, quand le soleil se lève, ça éclaire mon esprit, l'embrouille, le brûle.
Quand je te redécouvre à l'aube, quand je me perds dans tes yeux, quand ma conscience m'abandonne, se fâche, me lâche.
Une triste vision s'offre à moi, et le reflet dans le miroir n'en est que plus perturbant, et le temps que je perds finira par me causer du tord.
Quand t'aimer n'a plus suffit, quand de ma bouche ne sortait que du mépris, j'ai du réagir, bondir, anéantir.
Quand la folie s'est présentée, qu'aurais-je pu faire alors, tandis que tout autre échappatoire m'était fermé ?
Une arme redoutable à portée de main, ton triste espoir endormi sur le coussin, il ne me fallu rien de plus pour me déchaîner.
Le monstre sort, inodore, et mors. Le sang flottant, se répand. Le tissus en est imbibé, et prend un teint bien mélancolique.
Quand la raison m'habitera à nouveau, quand je renouerai les liens avec ma conscience, quand la flamme autrefois vacillante, s'éteindra, je serais seule.
Quand ce que j'ai pu être n'est plus, que pourrais-je faire, à part inviter à nouveau celui qui déclenchera la tornade en moi ?
Quand les lumières cesseront d'éclairer, quand mon soleil cessera de se lever, le noir se collera à ma peau tel un léger tissus de soie, protecteur.
Redoutable je deviendrais, tapie dans le noir j'attendrais, observerais, jusqu'à ne plus pouvoir respirer, étouffée par cette vie calcinée.
Personne ne peut me trouver, personne ne peut me sauver, depuis que pour lui j'ai tout donné.
 
Life's a chance to show at the world who you are.
Certaines portes devraient rester fermées. Ce qui nous attends derrière pourrait être en fait bien plus féroce qu'on ne pensait. Les apparences sont belles, parce qu'on s'efforce de les montrer sous leur meilleur jour. Seulement voilà, derrière la princesse se cache toujours une sorcière. On est programmé pour souffrir, et endurer des épreuves. Nous rendent-elles plus fort ? J'en doute. Elles nous anéantissent, nous empoignent à la racine et ainsi nous brûlons à petit feu. Triste déchéance ; plus rien n'a de sens. Toutes les roses finissent par fâner, tous les soleils finissent par se coucher. Voilà pourquoi tout est sombre. Respire, écoute, regarde ; plus rien. Personne. À l'intérieur de moi, il n'y a plus personne. Il ne me reste qu'un corps, imbibé de poison, et froid, comme si l'hiver avait déposé son manteau glacial sur ma peau, et qu'il avait décidé d'y élire domicile. Il n'y a plus de saison, plus de jour, plus de raison, plus d'amour. Enfermez-moi, finissez-moi avant que je ne me réduise moi-même en poussière. Je ne m'appartiens plus, alors désormais qu'importe ce qui pourrait m'arriver. Mon âme s'envole aux cieux ; adieu.
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#Posté le mercredi 15 juin 2011 21:15

Modifié le samedi 10 septembre 2011 04:36

We can pretend, that we were happy together.

 We can pretend, that we were happy together.


Il y en a qui ont cette faculté, de faire semblant d'aller bien. De feindre le bonheur et la joie de vivre. Il y en a oui, qui arrive à faire croire qu'ils remontent la pente. Jusqu'à ce que la nuit tombe à nouveau, jusqu'à ce que l'air devienne froid et brumeux. Jusqu'à ce que les démons refassent surface pour mieux nous engloutir avec leurs griffes acérées, pour mieux nous emporter dans ce gouffre abyssal. Lorsque ces loups pénètrent en moi, lorsque je croise leurs grands yeux rouges, brillants tel deux brasiers brûlants, je me sens vide. Je me retrouve enchaînée, et je ne suis plus maître de moi-même. Enfin, encore faudrait-il que je le sois ne serait-ce qu'un moment. Mon corps n'est qu'une marionnette. Je ne suis qu'un pantin, sans cerveau et donc sans pensée. Je peux paraître froide, tout comme joyeuse d'une seconde à l'autre. Je ne sais qui contrôle ça, mais ce n'est pas moi. Et ça ne l'a jamais était. J'ignore qui je suis. Dans ma glace, j'ignore qui je vois réellement. Qui est cette personne ? Moi je suis ce gamin enfermé dans ce corps. Enfermé comme dans une cage. Mais je suis forcée d'avancer et de continuer le chemin, il est trop tard pour faire marche arrière. C'est dans ces moments de profonde réflexion, que j'aimerais remonter le temps. Et me retrouver. Puis la réalité me retombe dessus brutalement. Je dirige mon regard vers les étoiles, et voilà que ma vue commence à se troubler. Vous savez, je voudrais bien avancer. Je voudrais bien, mais je perds l'équilibre à chaque pas que je pose à terre. Il me manque ce soutien, cette béquille qui aide à tenir debout.
Plus les heures défilent, plus je perds la tête. J'ai plus la notion du temps. Tout me paraît être une éternité ; de quoi donner la nausée. Mais je reste de glace, dans n'importe quelle situation. Je suis une sorte de robot, des fois, je ne ressens plus rien. Je ne sais même plus comment on fait. Alors j'attends. Quoi exactement, je ne sais pas. Je ne sais plus. Je voudrais me libérer, éclater au grand jour et rayonner de nouveau, retrouver cette innocence perdue. Ne plus avoir peur, et foncer droit dans les murs. Sans me blesser à la fin. Sans tomber comme une vulgaire feuille pourrie en plein automne. Mais en attendant le déclic, s'il doit arriver bien évidemment, je me contente de rester dans cette minuscule cage, sans pouvoir dire ou faire quoi que ce soit, et seulement subir. Peut-être était-ce cela, mon destin. Subir chaque chose, comme un faible. Et se sentir ridicule dans chacun de mes gestes. Se sentir vide, dénuée d'intérêt, et invisible. Alors oui, il y a des gens qui arrivent à faire semblant d'aller bien, à feindre le bonheur et la joie de vivre et qui arrive à faire croire qu'ils remontent la pente. Seulement je crains de devoir vous quitter plus tôt que prévu. Vous m'en voyez navrée.
 
(Alors, non, je ne suis pas une émokikoodépressive. Ce n'est qu'un texte...)

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#Posté le lundi 09 mai 2011 08:56

Modifié le mercredi 11 mai 2011 05:34

Le temps, c'est ce salaud qui creuse tes joues, ton front, te grise les cheveux et t'ôte tout espoir.

Et pour la première fois, je souris, du plus que je peux, tandis que cette lame sort de ta chair, ensanglantée. Ton corps mutilé et sans vie dégage une odeur âcre et métallisée, celle du sang, qui coule à flot sur mes draps blancs. Derrière mon masque de porcelaine, je souris, je jubile d'avoir pu faire de toi une ½uvre, mon ½uvre. Tu étais bien trop naïve pour te douter de ce que j'aurais pu te faire, de cette face cachée totalement horrible qui subsiste en moi. Lorsque j'ai approché cette lame de ton visage, y as-tu cru ? Non. Bien sûr. Tu es comme tous ces autres, qui me croient incapable du pire comme du meilleur. J'ai prit grand soin de choisir une lame parfaitement aiguisée, lisse et pure, pour trancher ta peau si sale, et si dégoûtante. Bien que tu étais dans un état lamentable de faiblesse, j'ai pris soin également de t'attacher soigneusement, au cas où un brin d'intelligence te traverserait l'esprit. J'ai mis un peu de Beethoven pour m'accompagner. "Für Élise", ma préférée, et la tienne aussi, je crois bien. Pour commencer, j'ai délicatement fait danser la lame sur ton visage apeurée de petite fille, j'ai vu la peur dans tes yeux, j'ai vu ce "pourquoi" revenir des centaines fois à la seconde. Mais tu ne pouvais dire mot. Je ne voulais pas être dérangée dans mon travail minutieux, alors ce bandeau qui s'emplit de ta bave, restera dans ta bouche. Je fis d'abord le tour de tes yeux, mais j'ai trop envie de te voir pleurer, alors j'attendrais un peu avant d'attaquer ceux-ci. Je descends alors, atteints ton nombril, traça un cercle autour d'icelui et enfonça la lame doucement, sans même avoir besoin de forcer. Le feu grandit alors en moi, voyant ce liquide s'échapper de ta plaie. L'envie grandissante de continuer me prit d'assaut, ma lame s'enfonça de plus belle, te créant des lésions un peu partout sur le corps, une petite dizaine de plaies, comme des petites morsures. Je trouvais ce spectacle beau, et qu'importe si tu souffrais. Tu gémissais, et des larmes coulaient à flot de tes yeux cernés et ternes. Ton sang giclait de partout, et mon masque changea de couleur, comme s'il était éprit d'une puissance inconnue, comme s'il était guidé par des démons, d'horribles démons. C'est eux qui m'obligent à faire tout ça, au fond. Ils m'accompagnent dans cette valse dangereuse. Je remonte mon couteau, au niveau de ta poitrine déformée. Tu ne ressemble vraiment plus à rien, et te contempler me donne envie de vomir. La seule façon de ne plus ressentir ça, et d'une fois de plus, pénétrer la froideur de l'arme dans ta chair décomposée. Déchirer ta peau, la sentir se décoller après mon passage. Remonter ainsi, en forçant chaque fois un peu plus, jusqu'à ta gorge, et d'un coup net et précis, tout arracher. J'y mettrai bien les mains, mais tu ne mérites pas que je te touche directement. Même si, cette idée m'avait traversé l'esprit, de t'empoigner ton c½ur, ton petit organe qui ne t'es d'aucune utilité, et de l'arracher moi-même, avec mes propres doigts frêles tachés de ton sang. Et pourquoi pas même l'arracher avec les dents. Mais bon, je me contenterai d'y fourrer ce que j'ai sous la main, en prenant garde bien évidemment de ne pas rater mon coup. Mais avant de s'attaquer au c½ur, je m'y prendrais à tes jambes, tes cuisses, car j'aime te voir pleurer toutes les larmes qui te reste, et tu cris, et la musique s'amplifie, alors tu cris encore plus fort, tu pris pour que quelqu'un t'entende, mais tu es seule, seule face à moi, et je n'entends que les notes, que cette symphonie enivrante qui me redonne de la force pour continuer ce ballet auquel tu participes, immobile. Tu pleures, tu suffoques, tu rassemble tes dernières forces pour tenter de t'enfuir mais en vain. Un léger filet de bave s'écoule de ta bouche. Je t'ai noué les bras et les jambes en l'air, comme si tu représentais une étoile. D'ailleurs c'était un peu le cas, avant. C'était comme cela que je te voyais. Et maintenant, tu es dans cette position, et tu as peur. Je le lis dans tes yeux. Mais tu me fais bien trop pitié, tes yeux reflètent quelque chose que je n'aime pas, il reflètent tout ce que tu es en fait. Alors, retour à la case départ. Maintenant que tu es entaillée de partout, le sang coule encore, par litre, mais qu'importe, mon masque me protège des éventuels démons qui m'en voudraient pour t'avoir charcuté ainsi. Parce que oui, c'est le mot. Charcuté. Tel un vulgaire morceau de viande à l'abattoir. La musique m'accompagne toujours derrière moi, les notes sonnent toujours plus fort, d'une puissance infinie, tandis que je trace un cercle fin autour de tes globes oculaires, tandis que ma lame s'enfonce petit à petit, jusqu'à sentir la peau craquer, jusqu'à voir cette vague rouge m'entourer, glisser sur mes mains, et cette odeur âcre qui me monte aux narines, me faisant frissonner de plaisir. Un plaisir pervers, certes, mais personne ne peut comprendre. Personne n'a jamais été à même de comprendre quoi que ce soit dans mon comportement. Tu convulse désormais, tu gémis, tu ne ressemble plus à rien. Cependant, je me demande si tu n'es pas plus belle qu'avant. Dans cette robe rouge qui te borde, qui suis les courbes cassées de ton corps usé. Je porte une main à ma bouche, et ce goût de métal fit naître en moi quelque chose d'encore inconnu jusqu'à présent. J'ai fermé mes yeux, je me suis laissé envahir par la musique, toujours Beethoven, et cette puissance. Mon sourire ne dés-amplifiait pas. Tu m'as vu naître, je te vois mourir. Je te vois, agonisante, tordue de douleur, victime de ma folie haineuse, victime de tes choix au final. Victime, proie, d'un prédateur incontrôlable, de moi. Et le disque prit fin, et ma danse aussi par la même occasion, et dans la minute qui a suivit, tu t'es totalement éteinte. Enfin. Tu n'imagines pas le bien fou que je ressens désormais, comme purifiée, lavée de toutes mes idées noires, de tout ce qui me bouffait jusqu'à présent.
 Le temps, c'est ce salaud qui creuse tes joues, ton front, te grise les cheveux et t'ôte tout espoir.
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#Posté le lundi 29 novembre 2010 13:28

Modifié le mercredi 02 mars 2011 07:00

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